Gaston ARNOULD

Gaston Alexandre ARNOULD, dont le nom de baptême d’origine germanique est formé des mots signifiant aigle et loup, est né le 29 octobre 1893 à Warmeriville (Marne). Il est le fils légitime d’Auguste Alexandre et Stéphanie LEPETIT, ce qui fait de lui le cousin germain de Robert ARNOULD, mon arrière-grand-père. Gaston porte le matricule 38 pour la classe 1913 du bureau de Reims.

Le signalement de Gaston Alexandre ARNOULD sur un extrait de sa fiche matricule
Son signalement sur sa fiche matricule
(source : Archives départementales de la Marne)

Le 26 novembre 1913, c’est le service militaire ! Il est incorporé au sein du 40e Régiment d’Artillerie de Campagne en tant que canonnier de 2e classe à Saint-Mihiel (dans la Meuse) pour une durée de trois ans. En effet, la loi Barthou, dite « loi des trois ans » allonge le service militaire à 3 ans. A compté de cette date, le recensement des appelés va s'effectuer à 19 ans au lieu de 20 précédemment, abaissant l'âge d'incorporation de 21 à 20 ans. (La classe 1913 est incorporée en 1913 et non 1914).

Deux mois plus tard, Gaston est classé dans le service auxiliaire pour “hernie inguinale volumineuse” sur une décision du général commissionnaire de la subdivision de Verdun et sur proposition de la commission spéciale de réforme de Saint-Mihiel datée du 5 février 1914. Ce classement dans le service auxiliaire va durer jusqu’à la fin de l’année, le 24 octobre 1914 pour être plus précis, quand il fait son retour dans le service armé suite à une décision de la commission spéciale de réforme de Châlons-sur-Marne. Le 29 juillet 1916, il est à nouveau classé dans le service auxiliaire, cette fois pour une “sclérose diffuse bilatérale” qu’il soigne à l’hôpital complémentaire n°32 de la côte de Saint André (Isère) dont la commission l’envoie ensuite en convalescence à Nice pour une période de 2 mois.

Le 28 octobre 1916, il est dirigé vers le dépôt des métallurgistes, 4 rue de Bel Air, à Nantes. En janvier 1917, il devient détaché comme ouvrier à l’usine “Chappée et fils” une fonderie fondée par Armand Chappée en 1882 à Port-Brillet qui participe à l’effort de guerre. Je pense ne pas me tromper en imaginant qu’à la vue de ses ennuis de santé depuis 1914, ils ont sans doute pensé qu’il serait plus utile à l’arrière, en servant sa patrie autrement qu’en versant son sang.

Vue général et l'usine Chappée à Port-Brillet sur une carte postale de 1931
Port-Brillet vers 1931 (Mayenne)
Vue générale du bourg, à droite l’Usine Chappée
(source : Archives départementales de la Mayenne)
L'intérieur des Usines de Port-Brillet sur une carte postale ancienne
Port-Brillet (Mayenne)
intérieur des Usines Chappée
(source : Archives départementales de la Mayenne)

Sa fiche matricule nous informe que trois mois plus tard, il est détaché à la Maison Blériot, à Suresnes, une entreprise aéronautique fondé par Louis Blériot qui va produire en masse des Blériot XI entre 1909 et 1919. Je ne vais pas vous faire ici un historique des établissements Blériot mais pour faire bref, il faut savoir que pendant la Première Guerre mondiale, le Blériot XI a été décliné en plusieurs variantes militaires par l'Armée de l'air française (avion de reconnaissance, avion de chasse, chasseur-bombardier, bombardier...) et s’est vendu à de nombreux pays du monde (Royal Flying Corps des Forces armées britanniques, armée de l'air italienne, Forces aériennes suisses...). C’est même l’avion qui a été utilisé en 1913 par le chef-pilote de Bréguet Adolphe Pégoud, pour le premier largage d'un parachutiste, et c’est sans parler des premiers appontages sur porte-avions !

Un avion Blériot XI exposé de Musée de la RAF à Hendon
Un Blériot XI au Musée de la RAF à Hendon
(source : Wikipedia Commons)

Après son séjour aux usines Blériot et Chappée, il fait un passage au sein du 23e Régiment d’Infanterie Coloniale (le 1 juillet 1917) mais je ne sais pas si c’est dans le cadre d’un retour au service actif ou si c’est juste un changement du régiment dont il dépend d’un point de vu administratif.

Le 16 mars 1918, il passe au 104e Régiment d’Artillerie Lourde et mis en congés illimité de démobilisation. En juin 1918, il est condamné par jugement contradictoire du tribunal de Laval à 16 francs d’amende avec sursis pour outrages et contravention aux lois et règlements à la police des chemins de fer commis le 14 mars de la même année.

Le 22 juillet 1919, il est reformé n°1 par la commission de Laval du 22 juillet 1919 : 95% pour tuberculose pulmonaire. Il est décédé à Laval le 13 novembre 1923.

Sources et bibliographie